Vocabulaire

Sigles et vocabulaire juridique police : le lexique à connaître pour le concours GPX

OPJ, APJ, GAV, IGPN, PSQ… les abréviations indispensables expliquées

Pourquoi le vocabulaire est une épreuve dans l'épreuve

Le concours de Gardien de la Paix met en scène des situations professionnelles réelles. Pour y répondre correctement — qualifier des faits, décrire une procédure, identifier les droits d'une personne — il faut maîtriser le vocabulaire du métier. Un candidat qui confond OPJ et APJ, ou qui ne sait pas ce que recouvre une GAV, commet des erreurs immédiatement visibles pour le correcteur.

Ce lexique couvre les sigles et notions les plus fréquemment rencontrés dans le cas pratique et la culture générale du concours. Pour chaque terme, nous donnons le développement complet et une explication pratique de ce qu'il implique pour un gardien de la paix.

Pourquoi ce vocabulaire compte

Le jury du cas pratique ne cherche pas une récitation de définitions. Il évalue la capacité du candidat à raisonner avec le vocabulaire juridique — c'est-à-dire à l'utiliser précisément et à bon escient. Connaître la différence entre un OPJ et un APJ, par exemple, conditionne directement la réponse à « Qui peut décider du placement en garde à vue ? » : répondre « le policier qui interpelle » quand la bonne réponse est « l'OPJ compétent » peut coûter plusieurs points sur une seule question.

La culture générale comporte également des questions sur les institutions et les sigles de la police nationale. Autant les connaître avant le concours.

Les sigles liés à la qualité judiciaire

OPJ — Officier de Police Judiciaire
Qualité judiciaire supérieure, conférée par la loi à certains fonctionnaires (officiers de police, certains gradés de la gendarmerie nationale…). L'OPJ dispose de pouvoirs étendus : il peut placer une personne en garde à vue, procéder à des perquisitions, constater des infractions, recevoir des plaintes et mener des enquêtes de flagrance. Dans les équipages mixtes, c'est lui qui prend les décisions judiciaires engageant la procédure.
APJ — Agent de Police Judiciaire
Qualité judiciaire des gardiens de la paix et de certains agents. L'APJ peut constater les contraventions et certains délits, recueillir des renseignements et prêter main-forte à un OPJ, mais ne peut pas placer en garde à vue : il doit rendre compte à l'OPJ qui prend la décision. Cette distinction est un classique du cas pratique GPX.
APJA — Agent de Police Judiciaire Adjoint
Qualité judiciaire des adjoints de sécurité (ADS) et des agents de surveillance de Paris. Prérogatives encore plus limitées que l'APJ : relevé d'identité, assistance à l'OPJ, constatation de certaines contraventions.

Deux sigles de procédure à ne jamais confondre

GAV — Garde À Vue
Mesure de contrainte permettant à un OPJ de retenir une personne suspectée d'un crime ou d'un délit puni d'une peine d'emprisonnement, le temps nécessaire à l'enquête. La durée de droit commun est de 24 heures, renouvelable une fois pour 24 heures supplémentaires sur autorisation écrite et motivée du procureur de la République, seulement si l'infraction soupçonnée est punie d'au moins un an d'emprisonnement (soit 48 heures au total). Des durées plus longues existent pour certaines infractions particulièrement graves (terrorisme, criminalité organisée), sous un contrôle judiciaire renforcé. La GAV est encadrée par les articles 62-2 et suivants du CPP (Code de Procédure Pénale). Le détail est dans La garde à vue : cadre légal, durée et droits →.
ITT — Incapacité Totale de Travail
Notion médico-légale essentielle pour qualifier les infractions de violence. L'ITT est déterminée par un médecin et mesure la durée pendant laquelle la victime est empêchée d'exercer ses activités normales — qu'elle travaille ou non. Elle conditionne la qualification pénale : ITT ≤ 8 jours → contravention ou délit avec circonstances aggravantes (art. 222-13 CP) ; ITT > 8 jours → délit simple ou aggravé (art. 222-11 ou 222-12 CP).

Les grandes directions et services

IGPN — Inspection Générale de la Police Nationale
Service de contrôle interne de la police nationale, surnommé « la police des polices ». L'IGPN peut être saisie par le ministre de l'Intérieur, la DGPN, les préfets, ou directement par des particuliers via une plateforme en ligne. Elle mène des enquêtes administratives et judiciaires sur les comportements des policiers.
DGPN — Direction Générale de la Police Nationale
Direction centrale qui chapeaute l'ensemble de la police nationale. Elle coordonne la DCSP (sécurité publique), la DCPJ (police judiciaire), la PAF (police aux frontières), la DRPP (renseignement territorial en IdF) et les autres services.
DIPN — Direction Interdépartementale de la Police Nationale
Depuis la réforme de décembre 2023, les anciennes DDSP (Directions Départementales de la Sécurité Publique) ont été regroupées en DIPN sur un périmètre interdépartemental. L'échelon départemental est désormais la DDPN (Direction Départementale de la Police Nationale) lorsqu'un seul département est concerné.
DGSI — Direction Générale de la Sécurité Intérieure
Service de renseignement intérieur, chargé de la surveillance et de la prévention des menaces terroristes, d'espionnage et de subversion. La DGSI n'est pas directement rattachée à la DGPN mais au ministre de l'Intérieur.
ENSP — École Nationale Supérieure de la Police
École qui forme les commissaires de police. Basée à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or (Ain). Les gardiens de la paix sont formés à l'ESPP (École de formation des sous-officiers de police) ou dans d'autres centres de formation initiaux.

Les unités d'intervention les plus citées

BRI — Brigade de Recherche et d'Intervention
Unité spécialisée de la police nationale, compétente pour les crimes et délits en bande organisée, les prises d'otages et certaines opérations de maintien de l'ordre à haut risque. À Paris, la BRI est rattachée à la préfecture de police.
RAID — Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion
Unité d'élite nationale de la police nationale, compétente pour les interventions de crise (prises d'otages, terrorisme). Équivalent police nationale du GIGN côté gendarmerie.
CRS — Compagnies Républicaines de Sécurité
Force mobile de la police nationale, principalement chargée du maintien de l'ordre lors de manifestations ou d'événements. Les CRS interviennent en renfort des unités territoriales et assurent également des missions de sécurité en période estivale (plages, montagne).
BAC — Brigade Anti-Criminalité
Unité spécialisée dans la surveillance et l'interpellation des auteurs de flagrants délits, notamment dans les zones urbaines sensibles. La BAC travaille en tenue civile et intervient en flagrance.

Deux dispositifs pour la culture générale

PSQ — Police de Sécurité du Quotidien
Doctrine de police de proximité mise en place à partir de 2018 sous le ministère Collomb. Elle vise à renforcer la présence des policiers dans les quartiers, à améliorer le contact avec la population et à traiter les incivilités du quotidien. Elle s'appuie notamment sur les Quartiers de Reconquête Républicaine (QRR) et sur des partenariats avec les acteurs locaux.
ZSP — Zone de Sécurité Prioritaire
Dispositif créé en 2012 pour concentrer les moyens de l'État dans les territoires marqués par une forte délinquance. Les ZSP mobilisent police nationale, gendarmerie, douanes, préfets et partenaires locaux autour d'un plan d'action coordonné. Il en existe une centaine sur le territoire national.

Les codes de référence

CPP — Code de Procédure Pénale
Texte fondamental qui régit les règles de la procédure pénale : enquête, garde à vue, instruction judiciaire, jugement et voies de recours. La flagrance (art. 53), la garde à vue (art. 62-2 et suivants), les perquisitions… tout y est défini. C'est la référence procédurale du cas pratique GPX.
CP — Code Pénal
Texte qui définit les infractions et les peines. Il est structuré en livres : livre II (crimes et délits contre les personnes — violences, agression sexuelle, homicide), livre III (crimes et délits contre les biens — vol, escroquerie, abus de confiance), livre IV (crimes contre la nation et l'État), livre V (autres infractions). Les articles 222-xx (violences) sont parmi les plus récurrents au concours.
CSI — Code de la Sécurité Intérieure
Code plus récent (2012) qui regroupe les textes relatifs à la police administrative, aux forces de l'ordre et aux missions de sécurité intérieure : usage des armes (art. L435-1), fouilles de véhicules, contrôles d'identité administratifs, cadre légal des manifestations (art. L211-9), etc.

Comment retenir ce vocabulaire

La mémorisation passive (lire des listes de définitions) est efficace à court terme mais oubliée rapidement sous la pression du concours. Quelques stratégies plus durables :

Pour aller plus loin sur la méthode de l'épreuve elle-même, consultez notre méthode complète pour réussir le cas pratique →

Questions fréquentes

Tous ces sigles sont-ils obligatoires à connaître pour le concours ?
OPJ, APJ, GAV et ITT sont incontournables : ils apparaissent dans la quasi-totalité des cas pratiques GPX. IGPN, PSQ, ZSP, DIPN et les unités d'intervention (BRI, RAID, CRS, BAC) sont utiles pour la culture générale. Les codes (CPP, CP, CSI) sont des références constantes dans le dossier documentaire.
La différence OPJ / APJ est-elle vraiment testée au concours ?
Oui, fréquemment. Une question classique demande « qui prend la décision de placement en garde à vue ? » ou « quels actes peut réaliser le gardien de la paix (APJ) dans cette situation ? ». Confondre OPJ et APJ sur ce point peut coûter plusieurs points.
Comment distinguer ITT ≤ 8 jours et ITT > 8 jours dans une qualification ?
La règle générale : ITT ≤ 8 jours → les violences sont contraventionnelles (R624-1 CP) sauf circonstances aggravantes qui les élèvent au rang délictuel (art. 222-13 CP). ITT > 8 jours → les violences sont des délits (art. 222-11 CP simple ou 222-12 CP aggravé). Ces seuils sont fournis dans le dossier documentaire du cas pratique, mais il faut savoir les appliquer correctement.
Y a-t-il d'autres lexiques disponibles sur le site ?
Oui. La section flashcards de PrepaGPX inclut un deck « Sigles », un deck « Vocabulaire juridique » et un deck « Articles de loi ». Tous sont consultables en mode entraînement avec retournement de carte et ordre aléatoire.

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Sources